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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives de l'auteur : psenegas

Gloire à Mehdi Ben Barka ! 27 octobre, 2020

Communiqué commun dont Malik Salemkour, président de la LDH, est signataire

L’année 2020 marquera le centième anniversaire de la naissance de Mehdi Ben Barka et la cinquante-cinquième année de son enlèvement à Paris et de sa mort tragique. Malgré l’amnésie organisée autour de sa mémoire par tous ceux qui ont trempé dans son assassinat (rabatteurs, exécutants, commanditaires), la flamme liée au nom de Mehdi Ben Barka n’est pas près de s’éteindre. Elle continue à éclairer le chemin de beaucoup de peuples qui se battent encore pour que triomphe le rêve de liberté et de justice que cet homme a défendu sans relâche, jusqu’au sacrifice suprême.

Ladite « affaire Ben Barka » n’est pas seulement l’histoire d’un crime politique crapuleux dont le sadisme est allé jusqu’à faire disparaître le corps de la victime ; elle est une tâche d’indignité qui marque et marquera durablement l’institution qui monopolise tous les pouvoirs dans un pays comme le Maroc et certaines institutions d’un pays démocratique comme la France. Celles-ci ont tout fait pendant plus d’un demi-siècle pour que la vérité ne puisse pas voir le jour. De même, elles ont fait subir un interminable calvaire à la veuve et aux enfants du martyr condamnés à ne pas entamer leur deuil et connaître un début d’apaisement.

Nous, signataires de ce texte, tenons à affirmer à la famille de Mehdi Ben Barka que nous resterons toujours à ses côtés, fidèles à la mémoire de l’homme qui, à l’instar de Abdelkrim Khattabi, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral, Nelson Mandela, a éveillé et nourri l’esprit de résistance des peuples soumis au joug colonial, puis à l’oppression et l’exploitation de l’ordre néocolonial.

Nous demandons que toute la vérité soit faite sur les circonstances de son assassinat, l’identité des exécutants, du ou des commanditaires du crime, ainsi que sur le lieu de sa sépulture. Pour cela, nous exigeons que cessent les invocations à la raison d’Etat qui ont entravé jusqu’à nos jours le déroulement d’un processus judiciaire transparent et équitable, obligeant les autorités principalement concernées dans cette affaire à reconnaître enfin leur responsabilité morale, politique et pénale dans un crime abject qui ne pourra jamais s’effacer des consciences.

Oui, que la vérité triomphe !

Et gloire à Mehdi Ben Barka !

Voir le PDF avec la liste des signataires

Octobre 2020

Source: Gloire à Mehdi Ben Barka !

25 octobre 2020 – tribune de Pierre Tartakowsky “Samuel Paty, en souvenir d’avenir” publiée dans mediapart 27 octobre, 2020

Lire la tribune dans Mediapart

Comment rendre hommage à Samuel Paty ? En nommant ses assassins sans désigner des boucs émissaires. En se souvenant que si, en France, “les lumières ne s’éteignent jamais”, elles sont aujourd’hui  placées sous étouffoir. En rappelant que la laïcité est l’un des noms de la liberté de conscience. Cette liberté pour laquelle il a été tué. 

Nous portons le deuil de Samuel Paty et nous le portons haut.

L’horreur de son assassinat, les motivations de son assassin nous soulèvent le cœur tant ils appellent notre mépris et notre colère. Elles exigent que « plus jamais ça » ne soit pas que le masque de l’impuissance, que justice soit rendue, la sécurité et la paix assurées.

Nous portons le deuil de Samuel Paty, enseignant et passeur de liberté de conscience, pédagogue attentif aux complexités du monde et soucieux de les soumettre à l’examen de ses élèves. La LDH s’honore d’avoir en son temps répondu à l’invitation qu’il lui avait faite de venir parler des droits de l’Homme à ses élèves.

Nous portons le deuil d’un défenseur des droits de l’Homme, attaché à faire vivre la devise républicaine, d’un « prof » soucieux de favoriser la compréhension de l’Autre, d’un militant de l’intelligence. Nous savons qu’à travers son corps martyrisé, ce sont ces valeurs que les bourreaux ont voulu abattre.

Mépris de la vie, exaltation de la violence, culte de la terreur : voilà ce que notre démocratie affronte. Cela s’est déjà produit, sous d’autres formes, avec d’autres slogans et d’autres armes. Mais c’est bien le même fond et c’est la même réponse qu’il faut lui opposer : nommer l’adversaire, défendre les valeurs qu’il combat, assurer leur succès en veillant à l’unité et la conviction de son propre camp. Voilà le programme que requiert, après d’autres meurtres, l’assassinat de Samuel Paty.

Qui est l’adversaire ? Toutes celles et ceux qui, au nom d’un Islamisme politique intolérant, s’emploient à semer haine et désolation, à faire couler le sang pour répandre la terreur. Cela implique des États, des réseaux d’influence, des courants religieux, des fanatiques prêts à mourir pour pouvoir tuer. L’adversaire, ce ne sont donc pas les millions de musulmans qui vivent, prient, travaillent en France et envoient leurs enfants à l’école de la République. L’adversaire, ce ne sont pas les mères qui accompagnent les enfants de cette école commune lors de sorties, au risque d’insultes ou de coups. L’adversaire, ce ne sont pas les associations qui saisissent les tribunaux de la République pour demander l’application du code civil et de la constitution française, pour combattre le racisme, quel qu’en soit le masque. L’adversaire, enfin, n’est pas à rechercher du coté d’un rayon Hallal ou de celui d’un Hyper casher, comme l’a impudemment claironné l’actuel ministre de l’Intérieur.

Quelles valeurs défendre ? La République ne manque ni de valeurs, ni d’ardeur pour les défendre, ni de lois pour juger et punir ceux qui les attaquent. La démocratie est confrontée à un défi sanglant ; le relever de façon victorieuse suppose que ses dirigeants ne se laissent pas aller à la facilité d’une chasse aux sorcières, ne substituent pas la colère à la justice et la revanche à la raison. Il est beau de proclamer, comme l’a fait le président de la République qu’en France « les lumières ne s’éteignent jamais ». Il arrive pourtant qu’elles soient voilées, mises sous étouffoir. Toujours au nom de l’ordre, de l’État, de l’urgence.

Force est de constater que nous en sommes là…

Face à l’horreur du crime, celles et ceux qui ont à charge, ou ont eu à charge, de mener les affaires du pays et parler en son nom, se devraient d’être exemplaires. Il leur revient de faire preuve de fermeté et d’assurer la vérité, d’analyser les faiblesses qui ont abouti à ce que des individus connus pour leur fanatisme, leurs relations avec des personnalités de l’extrême droite négationniste, aient été laissés sans surveillance particulière. Qu’ils aient pu, impunément, agiter les haines possiblement annonciatrices du drame. Au lieu de quoi, nous assistons à une débandade morale et politique aussi indécente que dangereuse. Nous avons besoin d’intelligence : le ministre de l’éducation s’en prend à l’université et aux universitaires, qualifiés d’islamo-gauchistes.  Nous avons besoin de bonne police : en guise de quoi, le ministre de l’Intérieur se targue de faire « passer un message » en désignant à la vindicte publique des associations et des personnes sans lien aucun avec le crime de Conflans. Nous avons besoin, plus que jamais, de fraternité et voilà que surgissent de partout d’étranges procureurs, acharnés à dénoncer… droits de l’Homme et droits de l’Hommistes, mêlant  pêle-mêle intellectuels, journalistes, associations et organisations syndicales, singulièrement celles qui sont engagées de longue date dans la dénonciation de la haine et du racisme, qu’elles qu’en soient les cibles.

Ce tohu-bohu funeste n’épargne rien ni personne : ni les institutions ni les textes internationaux, ni les médias, ni les femmes voilées agressées dans nos rues, ni le Défenseur des droits, pas plus d’ailleurs que la Convention internationale des droits de l’enfant, la Cour européenne des droits de l’Homme, l’observatoire de la laïcité et, pour faire bonne mesure, le Conseil constitutionnel ! Tous islamo gauchistes ou, à défaut, « collabos ». Dans ce torrent d’inepties haineuses, on aura tout entendu pour délégitimer toute parole ramenant à lalettre et à l’esprit du droit ! Est-ce ainsi que l’on entend prévenir le « séparatisme », défendre la laïcité, renforcer cette unité républicaine dont nous avons besoin face au terrorisme ?

Nous refusons de subir la terreur des assassins. Nous refusons les amalgames insensés et haineux entre ces assassins et une religion, entre des individus et une culture, entre des coupables et des innocents. Nous refusons de même cette désignation de boucs émissaires, qui ne peut qu’alimenter les divisions et les suspicions qui minent la République et, par un effet pervers, conforte l’adversaire. Parce que nous croyons que les valeurs républicaines sont une force politique et non une devise de guerre, nous refusons enfin de les voir dénaturées par un gouvernement qui semble, face à l’adversité, n’avoir comme horizon stratégique qu’une unique réponse, la restriction, encore et encore, de nos libertés. 

« Vivre ensemble » n’est pas un slogan. C’est une construction concrète, politique et sociale, qui porte une éthique du droit, tissée d’égalité et de respect, de justice et de liberté. Cette construction dessine notre avenir. C’est ce qui guidait l’enseignement de Samuel Paty. C’est ce que la Ldh défend depuis plus de 120 ans. Ce combat, plus que jamais, est d’actualité. Il est douloureux, il est difficile, il est indispensable pour garantir la justice, l’égalité, la paix dont nous avons besoin. C’est autour de cet objectif que la LDH invite toutes et tous à mettre en œuvre leurs convictions, leurs engagements et leurs efforts.

Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la LDH

Source: 25 octobre 2020 – tribune de Pierre Tartakowsky “Samuel Paty, en souvenir d’avenir” publiée dans mediapart

Face à l’obscurantisme, faisons grandir une société unie et fraternelle 21 octobre, 2020

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Une fois encore, le visage horrible du terrorisme nous met au défi.

Assassiner et décapiter un enseignant, un professeur d’histoire-géographie en charge de l’enseignement moral et civique, c’est s’attaquer au cœur de notre société.

C’est s’attaquer à ces hommes et ces femmes qui se chargent sur tout le territoire national d’enseigner les savoirs, d’initier au débat argumenté, d’éveiller l’esprit critique et d’assurer la liberté de conscience.

C’est s’attaquer à l’ambition d’une école commune donnant à tous les jeunes les moyens de maîtriser leur avenir.

Dans toutes nos écoles, en exerçant leur métier, les professeurs et l’ensemble des personnels font vivre les valeurs républicaines, la liberté, la laïcité, en leur donnant sens. Chaque jour, par leur action patiente, enseignantes et enseignants, personnels de l’éducation nationale contribuent à construire une République unie et fraternelle, diverse et respectueuse, éclairée et apte au débat démocratique.

Face à l’obscurantisme qui a massacré l’un des nôtres et nous meurtrit, notre réponse doit être ferme et résolue. Cet acte a été commis au nom de l’islamisme intégriste. C’est bien cette idéologie et celles et ceux qui la portent qui doivent être combattu-es sans relâche.

Par ailleurs, la stigmatisation des musulman.es dans laquelle certaines forces politiques veulent entraîner le pays depuis bien des années ne peut que renforcer des clivages délétères et alimenter les machines de haine.

C’est par une politique ambitieuse d’éducation dans le cadre de l’Ecole publique et laïque avec l’implication des mouvements d’éducation populaire complémentaire de l’enseignement public et des collectivités territoriales, pour transmettre et faire vivre les valeurs de la République, par une politique de justice sociale que nous ferons reculer les périls obscurantistes et garantirons nos libertés.

Parce que c’est le devenir même de la République, de son Ecole publique et laïque et de notre Nation qui est en jeu et, avec elles, une part de celui du monde, nous appelons toute la population à construire cette réponse avec nous.

Signataires : Ligue de l’enseignement, LDH, Mrap, France nature environnement, CGT, CGT Educ’action, FSU, Sgen CFDT, Union syndicale Solidaires, Sud Education, Unef, UNL, Unsa Education, Unsa

Paris, le 21 octobre 2020

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Source: Face à l’obscurantisme, faisons grandir une société unie et fraternelle

Observatoire de la laïcité 21 octobre, 2020

Communiqué commun LDH, Libre Pensée, Ligue de l’Enseignement et Solidarité Laïque

Nos associations laïques apportent leur soutien à l’Observatoire de la laïcité, à son président et à son rapporteur général, Nicolas Cadène.

Pour nos associations, l’Observatoire de la laïcité est d’abord le lieu d’un débat démocratique où nos associations ont été entendues dans le respect de nos diversités.

Qui consulte les rapports annuels de l’Observatoire de la laïcité a remarqué qu’à côté des guides pratiques sont présentées les actions de pédagogie. L’Observatoire de la laïcité participe ainsi à la réalisation d’une laïcité effective dans les différents services, que ce soit l’école, les structures socio-éducatives, les établissements de santé… Pour nos associations, les actions pédagogiques ont une importance capitale et on sait la capacité du président et du rapporteur général à être présents et impliqués dans les territoires, au-delà de l’outil de travail indispensable que constitue l’importante documentation fournie.

A un moment où la laïcité est trop souvent réduite à des slogans, les analyses concrètes proposées par l’Observatoire de la laïcité permettent de faire vivre la laïcité. Ainsi l’ouvrage signé par le rapporteur général et préfacé par le président de l’Observatoire de la laïcité, soutenu par des associations laïques, sur « les idées fausses sur la laïcité », fournit un outil simple, à valeur à la fois juridique et historique dans la défense de la laïcité.

Nous avons besoin de l’Observatoire de la laïcité dans notre travail au quotidien pour défendre et illustrer la laïcité, et cela plus que jamais quand elle est attaquée par l’obscurantisme, la bêtise et la haine, par les ennemis de la République.

Paris, le 20 octobre 2020

Signataires :

  • Christian Eyschen, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée
  • Anne-Marie Harster, présidente de Solidarité Laïque
  • Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)
  • Michèle Zwang-Graillot, présidente de la Ligue de l’Enseignement

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Source: Observatoire de la laïcité

18 octobre 2020 – Tribune collective “Ne durcissez pas la loi sur les squats, luttez contre le mal logement !” publiée dans Mediapart 21 octobre, 2020

Tribune collective signée par la LDH

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La question des squats revient périodiquement sur la scène médiatique, s’agissant soit d’occupation d’immeubles vacants par des sans-logis, soit d’occupations illégales du « domicile d’autrui ». En septembre, un débat a été lancé à la suite de l’occupation d’une résidence secondaire à Théoule-sur-Mer. Quelques autres affaires médiatisées les jours suivants ont fait enfler la polémique, et ont conduit le rapporteur de la loi Asap (accélération et simplification de l’action publique) à présenter un amendement contre le squat de résidences secondaires avec le soutien du Gouvernement.

Personne n’y aurait trouvé à redire s’il s’était agi uniquement de mieux protéger le domicile d’autrui, y compris sa résidence secondaire, et de renforcer l’obligation du Préfet à agir, c’est-à-dire activer une procédure d’expulsion en quelques jours et sans jugement pour régler ces situations somme toute très rares.

La grande majorité des sans-logis s’abrite dans des locaux vacants. Comment le leur reprocher, alors que les pouvoirs publics laissent des dizaines de milliers de personnes dans la rue en dépit de leurs obligations légales, que la crise du logement continue de s’aggraver avec au moins 250 000 personnes sans domicile et que l’INSEE a recensé 3,1 millions de logements vacants ?

Pourtant, à quelques jours de l’adoption définitive du projet de loi – dont certains amendements très dangereux ont pu être écartés- nous restons gravement préoccupés par trois aspects de ces nouvelles dispositions dites “anti-squat”, car elles peuvent s’appliquer aux occupants de logements et locaux vacants.

Le texte ajoute une notion floue précisant que l’expulsion administrative ou extra-judiciaire, c’est à dire sans jugement et sur décision du préfet, peut être employée en cas d’introduction et de maintien dans le domicile d’autrui, « même quand il ne s’agit pas de sa résidence principale ». Cette formulation peut entrainer des interprétations excessives et être détournée au profit de propriétaires de logements vacants, de bailleurs peu scrupuleux qui louent leur logement « au noir » ou de marchands de sommeil qui présenteraient leurs locataires comme des squatteurs pour obtenir une expulsion expéditive.

Il faut donc encadrer de façon stricte ces termes pour limiter au maximum ces expulsions extrajudiciaires, véritable recul de démocratie. En effet, l’absence du juge dans cette procédure remet en cause les droits fondamentaux des occupants, qui n’auront pas la possibilité de faire entendre leur cause en amont de l’expulsion. Il faudrait aussi donner des instructions nécessaires à la poursuite des auteurs d’expulsions illégales de leurs locataires, délits bien plus fréquents et trop souvent passés sous silence.

Le texte permet aussi à « toute personne agissant dans l’intérêt et pour le compte » du propriétaire de demander au préfet l’expulsion sans jugement et sans délai. Cette formulation, vague à nouveau, permet à une personne qui n’est ni le propriétaire ni l’usufruitier, ni l’occupant de bonne foi, d’agir au nom de leur intérêt alors même que ceux-ci, n’ont pas choisi d’engager cette procédure accélérée. Nous demandons le retrait de ces deux formulations, dangereuses car trop floues lors de la Commission mixte paritaire du 28 octobre.

Enfin, nous sommes extrêmement préoccupés par le triplement des sanctions pénales visant les squatteurs, car il ouvre la possibilité, sur décision du parquet, d’arrêter l’ensemble des occupants de locaux vacants en attendant de les déférer en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. Cette mesure traduit le climat très agressif à l’égard des occupants sans titre qui a entouré ce débat : surmédiatisation d’affaires certes préoccupantes mais marginales, appels à la criminalisation des squatteurs à l’Assemblée nationale par certains députés.

Est-il nécessaire de rappeler que certaines personnes sans-logis sont contraintes de « squatter » faute de logement disponible pour elles, dans un pays où le nombre de sans-abris explose, et alors même qu’elles ont parfois engagé toutes les démarches en vue de leur relogement, voire que l’Etat peut avoir été condamné à les reloger dans le cadre du droit au logement opposable ? Il nous semble absurde de durcir la législation en pleine crise sanitaire, alors que celle-ci a démontré à quel point le logement était un déterminant essentiel de la santé.

Nous attendons des parlementaires et du gouvernement qu’ils s’attachent à résoudre la crise du logement, cause majeure des difficultés que prétendent traiter ces modifications législatives, qu’ils mettent en place de véritables outils pour lutter contre des conditions de vie et d’habitat toujours plus indignes dans notre pays et qu’ils appliquent et renforcent les lois protégeant les sans-logis, les mal -logés et les locataires, telles que la loi DALO du 5 mars 2007, le droit à l’hébergement, la mobilisation des logements vacants, l’encadrement des loyers ….

Le projet de loi de finances 2021 qui sera bientôt débattu au Parlement offre une réelle opportunité à nos élus de lutter bien plus efficacement contre la pauvreté et la crise du logement pour celles et ceux qui n’ont pas d’autre refuge que le squat : construire 200 000 logements sociaux dont 60 000 logements très sociaux, renforcer le « Logement d’abord » , rétablir les APL, taxer les profits immobiliers, financer un moratoire sur les expulsions sans relogement, investir davantage dans la résorption des bidonvilles, financer la domiciliation… La mobilisation des parlementaires et du gouvernement sur de tels enjeux permettrait de commencer à réparer le problème plutôt que d’aggraver encore la situation.

Paris, le 18 octobre 2020

Lire la tribune dans Mediapart

Signataires : AC!, AFVS, Aitec, Association Dalo, ATD Quart monde, ATMF, Attac, CGT, CNL, Collectif national droits de l’Homme Romeurope, Coordination nationale Pas sans nous, Copaf, Dal, Fasti, Fédération nationale des Samu sociaux, Femmes Égalité, Halem, Indecosa-CGT, LDH, MDM, RESF, Secours catholique, Solidarités nouvelle pour le logement, Syndicat de la magistrature, UJFP, Union syndicale Solidaires, ACDL, Collectif du 5 novembre-Noailles en colère (Marseille), Collectif logement Paris 14, Collectif Chabatz d’entrar, Collectif Sortir du silence, Paris d’exil, RUSF 13, RUSF 14, Un centre ville pour tous (Marseille)

Source: 18 octobre 2020 – Tribune collective “Ne durcissez pas la loi sur les squats, luttez contre le mal logement !” publiée dans Mediapart

Conflans : l’horreur de l’obscurantisme 21 octobre, 2020

Communiqué LDH

Vendredi à Conflans-Sainte-Honorine, un enseignant a été sauvagement assassiné pour avoir mené pleinement sa mission d’éducation.

Ce crime insupportable visait à frapper le droit à la caricature, la liberté d’expression, la laïcité. Face à l’obscurantisme et au terrorisme, l’unité est notre force, comme la mobilisation de toutes et tous pour défendre et réaffirmer nos valeurs fondamentales de démocratie, de liberté et d’égalité.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) exprime sa solidarité avec sa famille, ses proches et tous les personnels de l’Education nationale.

Paris, le 17 octobre 2020

La LDH se joint à l’appel commun à rassemblement organisé le 18 octobre 2020 à 15h, place de la République à Paris.

Lire l’appel commun

Source: Conflans : l’horreur de l’obscurantisme

Marche des sans-papiers : pour le droit de manifester 17 octobre, 2020

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Les Sans-papiers qui marchent depuis un mois, rejoints par de très nombreuses personnes, associations et organisations doivent pouvoir manifester en direction de l’Elysée ce samedi 17 octobre et être reçus par le Président de la République comme ils et elles l’ont demandé depuis le début des cette initiative. Le droit de manifester est un droit fondamental. C’est pour cette raison que nos organisations ont décidé de s’associer à leur demande en déposant une déclaration auprès de la préfecture de police de Paris.

Paris, le 16 octobre 2020

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Lire l’appel à la Marche

 


Source: Marche des sans-papiers : pour le droit de manifester

L’état d’urgence sanitaire permanent 17 octobre, 2020

Communiqué LDH

Pour la deuxième fois en quelques mois, et pour la sixième fois sous la Ve République, la France est placée sous un régime d’état d’urgence, décidé de manière discrétionnaire par le président de la République. Alors que la prorogation de la loi du 9 juillet 2020 organisant la sortie de l’état d’urgence sanitaire était en cours de discussion au Parlement le jour même de l’annonce présidentielle, le chef de l’Etat a choisi de recourir à un régime de rigueur renforcée qui octroie des pouvoirs exorbitants du droit commun à l’autorité administrative, sans véritable contrôle juridictionnel.

Décidé, une première fois en mars 2020, pour pallier les carences des pouvoirs publics en matière de politique de santé publique, l’état d’urgence sanitaire a finalement duré quatre mois.

Ce régime d’exception conduit à l’édiction de mesures coercitives privatives ou restrictives de libertés ou de droits, dont la violation est pénalement sanctionnée, attestant d’une approche gouvernementale purement punitive et de défiance à l’égard de la population. Comme précédemment avec le confinement des mois de mars et d’avril 2020, les couvre-feux décidés par les préfets exposeront à des dérives, abus de pouvoir, violences policières, et à des discriminations à l’égard notamment des personnes sans logement et des personnes migrantes. Ils accentueront les inégalités sociales et territoriales.

L’état d’urgence dénature aussi les institutions publiques renforçant la crise démocratique qui affecte notre pays, la confusion des pouvoirs se substituant, de fait, à la séparation des pouvoirs déjà fortement dégradée. Cette nouvelle mesure coercitive s’inscrit, en effet, dans un ensemble de lois ou de projets qui viennent restreindre nos libertés et nous soumettent à une surveillance généralisée.

Tout en ayant conscience du besoin de mettre en œuvre des mesures nécessaires, adaptées et proportionnées destinées à juguler l’épidémie en cours, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) entend rappeler avec force que la liberté doit demeurer, en toute circonstance, le principe et la restriction de police l’exception. Recourir à l’état d’urgence dessert voire met en péril la démocratie et altère l’Etat de droit.

Paris, le 16 octobre 2020

Télécharger le communiqué en pdf.

 

Source: L’état d’urgence sanitaire permanent

Journée mondiale du refus de la misère : 60 organisations se mobilisent pour la justice sociale et environnementale 17 octobre, 2020

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Convaincues que justice sociale et justice environnementale vont de pair, 60 organisations réunies au sein du Collectif Refuser la Misère, appellent à la mobilisation le 17 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale du Refus de la Misère. Partout en France, des évènements sont organisés pour interpeller les responsables politiques et les citoyens, et les appeler à s’engager pour la justice sociale et environnementale.

À Paris, sur le parvis des Droits de l’Homme du Trocadéro à partir de 17h30, des personnes en situation de pauvreté, des responsables politiques et associatifs s’exprimeront.

Retransmission en direct : https://youtu.be/8-Ku5Em5qZ8

Les personnes les plus pauvres, premières touchées par les effets du changement climatique

On l’a vu avec la crise de la COVID-19 : nous ne sommes pas égaux devant la pandémie. Nous ne le sommes pas davantage face aux changements climatiques. Comme les pays les plus pauvres sont davantage exposés aux effets du changement climatique, les personnes les plus défavorisées sont surexposées aux dégâts environnementaux. D’abord, du fait de leurs lieux d’habitation, souvent situés à proximité de poches de pollution – près d’activités industrielles ou agricoles polluantes, de carrefours routiers, dans un environnement bétonné – souvent mal isolés ou en situation de sur-occupation. Dans ces passoires énergétiques, nombreux sont ceux qui cherchent à faire des économies sur des factures qu’ils ne peuvent pas payer. Les conséquences sur leur santé, souvent déjà fragile, sont graves : asthme, maladies respiratoires chroniques, saturnisme…

Des politiques et des mesures qui laissent les plus pauvres de côté

Davantage touchées par les effets du changement climatique, les personnes les plus pauvres sont aussi les plus impactées par les mesures environnementales. La construction du Grand Paris ou la réhabilitation des friches industrielles de Confluence en éco-quartier à Lyon en sont des exemples criants : l’arrivée des transports s’accompagne d’une rénovation du quartier, des bâtiments, des logements, qui entraîne une augmentation des loyers et un rejet des habitants pauvres dans une périphérie éloignée. La taxe carbone proposée dans le cadre de la transition écologique est une illustration de mesures réfléchies sans en évaluer l’impact sur les plus vulnérables. De manière générale, la fiscalité écologique pèse déjà plus fortement sur les ménages les plus pauvres. Son impact sur les ménages varie d’un facteur 4 entre le premier décile de revenus (soit 1,8 % du revenu des plus pauvres) et le dernier décile (soit 0,4 % du revenu des plus riches), alors même qu’en France, l’empreinte écologique des 10 % les plus pauvres est deux fois inférieure à celle des 10 % les plus fortunés.

Nos propositions pour une transition écologique juste

Pour bâtir un monde de justice sociale et environnementale, nous connaissons les priorités : assurer à tous et toutes un logement décent, garantir des services publics de qualité, garantir un emploi digne. La transition écologique et le lien social en sont pourvoyeurs comme le montre l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée. La fiscalité écologique, comme la taxe carbone, doit aussi être partagée équitablement et être fléchée vers la transition écologique. Nous demandons également à ce que toutes nouvelles lois et politiques publiques soient évaluées à partir de leur impact sur les 10 % les plus pauvres et au regard des objectifs de développement durable que la France s’est engagée à mettre œuvre.

Pour que la transition écologique soit juste, toutes et tous – et en particulier les plus pauvres – doivent être associés à la construction de solutions concrètes et être considérés comme sources d’initiatives : contraintes à une sobriété du fait de leurs conditions de vie, les personnes les plus pauvres ont des pratiques écologiques dont toute la société peut s’inspirer.

Pour en savoir plus téléchargez le dossier de presse

Source: Journée mondiale du refus de la misère : 60 organisations se mobilisent pour la justice sociale et environnementale

17 octobre 1961 – 17 octobre 2020 : 59e anniversaire – Vérité et justice 17 octobre, 2020

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le préfet de police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestant-e-s furent arrêté-e-s, emprisonné-e-s, torturé-e-s – notamment par la “force de police auxiliaire” – ou, pour nombre d’entre elles et eux, refoulé-e-s en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

59 ans après, la vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains et certaines osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

  • que la lumière soit faite sur les soi-disant « retours vers leurs douars d’origine » des algérien-e-s survivant-e-s du 17 octobre envoyé-e-s en fait dans des camps de la mort de l’Algérie coloniale ;
  • que la création d’un lieu de mémoire voué à cet évènement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la ville de Paris et la région Ile-de-France ;
  • pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiennes et les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériennes et algériens ;
  • la vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certain-e-s au sein de la droite et extrême droite politique veulent réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie et les discriminations dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissant-e-s d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :

  • que le président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat. Comme il vient de le faire pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens et Algériennes qui en ont été victimes (voir le site 1000autres.org) ;
  • que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériennes et Algériens dans des camps ;
  • que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous et toutes, historiens et historiennes et citoyens et citoyennes ;
  • que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

Rassemblement : samedi 17 octobre 2020 à 18h au pont Saint-Michel à Paris

Associations, organisations syndicales signataires : 17 octobre contre l’oubli ; 4 ACG (Anciens appelés en Algérie et leurs ami(e)s contre la guerre) ; Acca (Agir contre le colonialisme aujourd’hui) ; ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie) ; Acort (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie) ; Anpromevo (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS) ; APCV (Agence de promotion des cultures et du voyage) ; Apel-Egalité ; Arac (Association république des anciens combattants) ; Asabp (Association de soutien aux amoureux au ban public) ; Association Josette et Maurice Audin ; ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France) ; Attac ; Au Nom de la Mémoire ; Cedetim (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) ; Collectif Faty Koumba ; CRLDHT Mehdi Ben Barka ; Conseil national des assos familiales laïques ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Fédération nationale de la libre pensée ; FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives) ; Les Oranges ; Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons ; Mémorial 98 ; Mrap (Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples) ; Mouvement de la paix ; Union syndicale Solidaires.

Partis Politiques signataires : EELV (Europe écologie les verts) ; GDS (Gauche démocratique et sociale) ; PCF (Parti communiste français) ; Parti de gauche.

Paris, le 12 octobre 2020

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Source: 17 octobre 1961 – 17 octobre 2020 : 59e anniversaire – Vérité et justice