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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives de l'auteur : psenegas

L’éducation populaire et l’urgence du combat démocratique 9 décembre, 2020

Tribune collective signée par la LDH

La situation actuelle du débat public en France se caractérise notamment par une polarisation simplificatrice, au nom de la lutte contre les extrêmes, les populismes ou les séparatismes. Cet appauvrissement inquiétant du débat démocratique, qui s’accompagne de tentations autoritaires, est un puissant accélérateur des phénomènes de repli sur soi et de diverses formes de radicalisations. Face à ce poison qui s’immisce, la société a plus que jamais besoin d’une démocratie vivante, d’une République laïque et d’une citoyenneté active, qui ne saurait se réduire au droit de vote.

A travers les valeurs de l’éducation populaire, des associations et des collectifs participent à ce mouvement. Ils organisent des espaces de discussion et d’action collective où des citoyennes et citoyens se rencontrent, débattent, s’impliquent pour transformer leur cadre de vie, agir sur les décisions prises à l’échelle de leur ville ou du pays et imaginer des alternatives pour la société de demain. On y parle d’éducation, de logement, d’économie, de santé, d’écologie, de discriminations ou encore d’aménagement du territoire, en partant des préoccupations et du vécu des personnes, de l’expression de leurs intérêts, de leurs envies, de leurs colères. On y vit des moments festifs et solidaires, des luttes, des débats vifs sur des sujets parfois complexes, et des réussites collectives, qui donnent chair à l’idée de fraternité.

Notre combat démocratique repose sur une vision de la citoyenneté qui ne relève pas de la seule instruction civique, mais se nourrit aussi de l’expression libre, de l’écoute, de la compréhension des désaccords, et de l’appropriation du cadre commun qui régule la vie en société. Le débat produit du commun, à partir des différences, et développe l’esprit critique par le dépassement des opinions particulières et la compréhension des enjeux plus globaux et des interdépendances.  C’est un rempart au repli sur soi, au rejet, à la haine et à la violence. 

Notre approche est aussi un combat pour l’égalité. Les espaces que nous organisons favorisent le développement du pouvoir politique des citoyennes et citoyens, leur prise de parole, leur dialogue avec les pouvoirs publics et leur contribution à la prise de décision. Il faut affronter sans complaisance les inégalités et les discriminations qui existent dans notre pays, reconnaître les souffrances des personnes, pointer du doigt les dysfonctionnements de nos institutions. Tout cela n’est pas désavouer la République, c’est au contraire l’entretenir et la construire ensemble.

Enfin, c’est un combat sur le temps long. La démocratie n’est pas la confrontation immédiate et stérile de points de vue individuels stéréotypés ; c’est un processus d’émancipation individuelle et collective qui contribue à réduire les fractures qui traversent la société.

L’autonomie dans l’exercice de ces démarches d’éducation populaire, garantissant une expression libre, non contrainte ou instrumentalisée, est indispensable et doit être reconnue comme telle par les pouvoirs publics. Ces espaces sont complémentaires des instances représentatives et font écho au travail mené par les enseignantes et les enseignants. Cet engagement au long cours, particulièrement fondamental auprès et avec des jeunes, nous le menons avec humilité et persévérance. 

Nous en appelons, avec cette tribune, à la vigilance et à l’engagement des pouvoirs publics nationaux et locaux, des organisations politiques et syndicales, des associations, des médias et de chacune et chacun d’entre nous : ne laissons pas l’appauvrissement démocratique nous diviser encore plus. Organisons partout où cela est possible ces espaces de rencontre et de construction collective qui font vivre notre démocratie. Discutons, n’ayons pas peur des désaccords. Armons nos esprits critiques et prenons soin de nos liens. 

Le défi est immense et chacune, chacun, y a sa place.

Paris, le 4 décembre 2020

Organisations signataires : la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), ATD-Quart Monde, le Secours Catholique, les Comités régionaux des associations de jeunesse et d’éducation populaire (CRAJEP) d’Occitanie, Ile-de-France, du Grand-Est, de Nouvelle Aquitaine, du Centre-Val-de-Loire et des Hauts-de-France, l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ), le Comité national de liaison des Régies de quartiers (CNLRQ), Peuple et culture, France Nature Environnement, Attac, les Maisons des jeunes et de la culture (CMJCF et FFMJC), le Collectif des associations d’éducation populaire politique, les Eclaireuses et éclaireurs de France, le Mouvement de la Paix, le Planning Familial, le Collectif des associations citoyennes, la coordination nationale Pas sans nous, Animafac, Aequitaz, Les Cités d’or, le réseau des SCOP d’éducation populaire, Co-exister, Bleu-Blanc-Zebre, le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), la Confédération nationale des Foyers Ruraux (CNFR), la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), l’Association Concordia, l’Union nationale des associations de développement local (UNADEL), la Fédération française des clubs Unesco, Alliance citoyenne, Alternatives pour des projets urbains ici et à l’international (APPUII), Solidarités Jeunesses, YMCA France, le Réseau national des Juniors Associations (RNJA), les Jeunes européens – France, les Associations des Ludothèques Françaises – ALF, la Fédération nationale des centres musicaux ruraux (CMR). ; Avec le soutien du CNAJEP (Comité national des associations de jeunesse et d’éducation populaire) et de la Coalition pour les libertés associatives ; Chercheuses, chercheurs et personnalités signataires :  ; Claude Alphandéry, Président d’honneur du Labo de l’ESS, Myriam Bachir, maîtresse de conférences en sciences politiques, Université de Picardie, Marie-Hélène Bacqué, professeure d’études urbaines, Université Paris-Ouest, Hélène Balazard, chercheure en sciences politiques, ENTPE, Chaire Unesco Politiques urbaines et Citoyenneté, Loïc Blondiaux, professeur en sciences politiques, Université de Paris 1, Jean Bourrieau, chercheur en sciences de l’éducation, LERIS, Marion Carrel, Professeure en sociologie, Université de Lille, Jean-Marie Charon, sociologue, ingénieur d’études, EHESS, François Dubet, professeur émérite en sociologie, Université de Bordeaux, Jean-Michel Fourniau, directeur de recherche en sociologie, Université Gustave Eiffel et Groupement d’intérêt scientifique Démocratie et Participation, Mathieu Hély, professeur en sociologie, UVSQ, Silyane Larcher, chargée de recherche en sciences politiques, CNRS, Sandra Laugier, professeure en philosophie, Université Paris 1, Rémi Lefebvre, professeur en sciences politiques, Université de Lille, Christian Maurel, sociologue, co-animateur du collectif national “Education populaire et transformation sociale”, Catherine Neveu, directrice de recherches en anthropologie, CNRS, Olivier Noël, sociologue, Université de Montpellier, Albert Ogien, directeur de recherches en sociologie, CNRS, Sébastien Pesce, professeur en sciences de l’éducation, Université d’Orléans, Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS et de la Fondation du Crédit coopératif, Julien Talpin, chargé de recherches en sciences politiques, CNRS, Sophie Wahnich, directrice de recherches en histoire, CNRS.

 

 

 

 

Source: L’éducation populaire et l’urgence du combat démocratique

Dissolution politique du CCIF 9 décembre, 2020

Communiqué LDH

Le gouvernement a prononcé la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Cette décision n’a de surprenante que le délai apporté à la prendre, tant elle était prévisible.

Si la longueur du décret de dissolution peut faire illusion, sa lecture atteste que les griefs des pouvoirs publics sont avant tout d’ordre politique quand ils ne se bornent pas à faire état de déclarations de tiers.

En assumant de dissoudre une association parce qu’elle a qualifié d’islamophobes « des mesures prises dans le but de prévenir des actions terroristes et de prévenir ou de combattre des actes punis par la loi », le gouvernement s’engage sur la voie du délit d’opinion. En y ajoutant que les opinions du CCIF constituent des « agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme » et « qu’il défend et promeut une notion d’islamophobie particulièrement large », le gouvernement nous montre que plus personne n’est à l’abri de telles ou telles poursuites.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) est profondément inquiète de cette atteinte à l’Etat de droit. Elle ne peut conduire qu’à accroître les tensions et à conforter l’idée que ce sont bien toutes les personnes musulmanes qui sont ici mises en cause.

Paris, le 3 décembre 2020

Télécharger le communiqué en pdf.

Source: Dissolution politique du CCIF

Le 1er décembre 2020 – Tribune commune “Réforme de la justice des mineurs : “Toujours plus de répression et toujours moins d’éducation”, dénoncent 200 personnalités liées à la protection de la jeunesse”, publiée sur FranceInfo 9 décembre, 2020

Tribune commune signée, entre autres, par Malik Salemkour, président de la LDH, Françoise Dumont, présidente d’honneur de la LDH, et Laurence De Cock, membre du Comité central de la LDH

Plus de 200 personnalités, professionnels de l’enfance, membres d’organisations syndicales de magistrats, travailleurs sociaux et avocats appellent “les parlementaires à ne pas céder à ce simulacre de débat démocratique et à s’opposer au vote” du projet de loi qui réforme la justice des mineurs, dans une tribune publiée par franceinfo, mardi 1er décembre. Le projet de loi est examiné en dernière lecture mardi 1er décembre à l’Assemblée nationale. Un rejet tant sur le fond que sur la forme. Les signataires appellent à “replacer la protection de nos enfants (…) au centre des enjeux”. Cela fait deux ans qu’elles expriment leurs “préoccupations” sur ce projet de loi rédigé “sans réelle consultation” selon elles. Ce Code de la justice pénale des mineurs (CJPM), porté par le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, est censé entrer en vigueur le 31 mars 2021. Les signataires réclament “un projet plus ambitieux” et concerté, pour un code “non pas seulement de la justice pénale des mineur.e.s, mais de l’enfance”.

Depuis maintenant plus de deux ans, nous exprimons nos préoccupations concernant le projet de Code de justice pénale des mineurs, élaboré sans réelle consultation des professionnels de l’enfance, des organisations syndicales de magistrat.e.s, travailleuses et travailleurs sociaux et avocat.e.s, et surtout sans réel débat démocratique, le choix étonnant de légiférer par ordonnance, qui plus est en ayant recours à la procédure accélérée, ayant été fait.

Aujourd’hui, ce texte sera examiné au pas de course par le Parlement, contraint par un agenda extrêmement serré, à partir du 1er décembre. Il est ainsi envisagé de faire entrer en vigueur cette réforme moins de trois mois après son examen par le Parlement, sans tenir compte de la réorganisation conséquente qu’elle impose pour l’ensemble des professionnels intervenant en matière de délinquance des mineurs. Le branle-bas de combat est tel que le ministère s’apprête à saisir le Conseil d’État sur la partie réglementaire, avant le vote de la partie législative, ne faisant même plus semblant de penser que le Parlement pourrait intervenir sur le fond de cette réforme.

En plus de la forme, le fond de ce projet de code questionne et n’apparaît motivé que par des impératifs gestionnaires, le but étant finalement de faire “plus vite”, sans s’en donner les moyens, au détriment de la qualité de l’accompagnement éducatif. In fine l’efficacité de la réponse apportée aux passages à l’acte délinquants est laissée de côté.

 

Pourtant, la “lenteur” de la justice des mineur.e.s, parfois réelle, n’est pas particulièrement liée à la procédure actuellement applicable. Elle est due principalement au manque de travailleuses et travailleurs sociaux pour assurer les mesures éducatives ordonnées dans des délais adaptés ainsi qu’au manque de greffier.ère.s et de magistrat.e.s pour juger dans des délais raisonnables. De même les passages à l’acte délinquants de certains enfants sont souvent la conséquence de carences bien en amont dans leur prise en charge au pénal, faute de services de prévention et de protection de l’enfance suffisamment solides et nombreux.

Sans tenir compte de ces constats ni en tirer les enseignements nécessaires, le gouvernement préfère dessiner un projet centré sur l’accélération de la réponse pénale, au détriment du temps éducatif. Bien loin de revenir aux fondamentaux de l’ordonnance du 2 février 1945, maintes fois dénaturés, ce projet ne fait que conforter un progressif abandon de la spécificité de la réponse devant être apportée aux enfants, par rapport aux adultes, vers toujours plus de répression et toujours moins d’éducation.

En effet, comme nous avons déjà pu l’indiquer à maintes reprises avant la crise sanitaire et depuis celle-ci, le réel problème de la justice des enfants, qu’elle soit pénale ou civile, est avant tout l’indigence de ses moyens, qui ne sera nullement résolue par les moyens alloués dans la loi de finances 2021 principalement concentrés sur le pénitentiaire et sur le recrutement de contractuels précaires, bénéficiant d’une formation de moindre qualité, voire aucune, ce qui n’est pas sans poser des difficultés majeures quand il s’agit de prendre en charge des enfants en souffrance.

La crise sanitaire que nous traversons depuis mars 2020 est venue exacerber toutes ces difficultés déjà criantes. Partout, les services de la protection de l’enfance et de la protection judiciaire de la jeunesse peinent à fonctionner dans des conditions sanitaires protectrices pour toutes et tous, professionnels comme usagers, et se trouvent de fait soit fortement ralentis, soit surchargés pour rattraper le retard pris pendant les confinements, au détriment de l’accompagnement éducatif des enfants. Les lieux d’hébergement, qu’ils relèvent de la protection de l’enfance ou de la protection judiciaire de la jeunesse, sont tout autant en difficulté pour fonctionner.

Il est évident désormais – même si ce constat aurait dû être fait bien plus tôt par les décideurs publics – que les priorités sont ailleurs et vouloir maintenir coûte que coûte une telle réforme du droit pénal des enfants ne fera qu’aggraver toutes les difficultés précédemment signalées. Tout l’enjeu est actuellement de permettre aux différents acteurs de la justice des enfants de pouvoir reprendre leur activité habituelle et rattraper le retard, sans augmenter le risque sanitaire, ce qui est déjà une gageure, et dans le respect des droits des justiciables.

 

Il apparaît impensable d’ajouter à cette tâche colossale la mise en œuvre d’une réforme qui est en outre loin de faire l’unanimité chez les professionnels. Si des moyens matériels doivent être débloqués, – et tous s’y accordent – ce ne doit pas être pour financer la mise aux normes de toutes les trames et logiciels, afin de les adapter à de nouveaux textes et de nouvelles appellations, ni pour construire des centres fermés, mais plutôt pour augmenter de façon pérenne, et non par des contrats précaires, le nombre des professionnels et pour les doter en outils de travail permettant de travailler correctement.

Il serait illusoire de penser qu’au 31 mars 2021, date prévue d’entrer en vigueur du CJPM, ces difficultés seront résorbées. Les tribunaux pour enfants n’auront pas pu apurer leurs stocks et le nouveau texte imposera des délais butoirs pour les nouveaux dossiers qui seront donc paradoxalement traités en priorité, au détriment des dossiers régis par l’ancien système.

L’essentiel est de reconstruire un projet plus ambitieux, en se laissant le temps d’une véritable démarche de consensus, afin de faire aboutir un code non pas seulement de la justice pénale des mineur.e.s, mais de l’enfance et ainsi de replacer la protection de nos enfants, avenir de notre société, au centre des enjeux.

Lire la tribune complète et la liste des signataires sur FranceInfo

Source: Le 1er décembre 2020 – Tribune commune “Réforme de la justice des mineurs : “Toujours plus de répression et toujours moins d’éducation”, dénoncent 200 personnalités liées à la protection de la jeunesse”, publiée sur FranceInfo

Pour la liberté d’informer et d’être informé ! Pour la liberté d’expression contre une loi liberticide ! 21 novembre, 2020

Appel à se rassembler les 17 et 21 novembre 2020

Ce mardi 17 novembre 2020, le groupe LREM présentera en séance publique sa proposition de loi sur la sécurité globale. Ce texte s’inscrit dans la foulée du Schéma national du maintien de l’ordre promulgué le 16 septembre dernier par le ministre de l’Intérieur.

L’article 24 de cette proposition de loi interdit à toute personne de diffuser « l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale, autre que son numéro d’identification individuel, lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police » et que cette diffusion a pour « but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

En réalité le fait de diffuser l’image notamment en direct serait donc, de fait, quasiment impossible.

Le seul fait de filmer ou photographier conduira à des d’interpellations et des violences par les forces de l’ordre comme c’est déjà trop souvent le cas aujourd’hui.

Clairement, ce sont non seulement les journalistes, reporteurs-photo, reporteurs d’images, documentaristes, membres d’observatoires citoyens qui sont visés, mais aussi quiconque, qui avec son téléphone portable prendra des photos, notamment lors de manifestations ou mouvements sociaux.

Comment caractériser l’intention ? Comment prendre le risque que quelqu’un d’autre se serve des images pour nuire ? L’autocensure sera massive dans les médias et sur les plateformes.

En revanche, les membres des forces de l’ordre pourront tout à loisir filmer ou photographier la population.

La démarche des député-e-s LREM porteurs-euses de cette proposition relaie la volonté du gouvernement qui entend museler la liberté d’informer, de s’exprimer et par là-même de manifester.

Aussi, les organisations syndicales de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO, la Fédération internationale des journalistes, la Fédération européenne des journalistes, ainsi que la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et un grand nombre d’organisations professionnelles, d’associations et de collectifs appellent à un rassemblement mardi 17 novembre à partir de 16 heures place Edouard-Herriot (derrière l’Assemblée nationale).

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, sera présent à ce rassemblement à l’Assemblée nationale. La LDH appelle à s’y associer, dans le strict respect des règles sanitaires.

Un deuxième rassemblement citoyen avec les associations humanitaires, de défense des droits de l’Homme, collectifs, partis et syndicats est prévu samedi 21 novembre à 14h30, place du Trocadéro, à Paris.

Paris, le 13 novembre 2020

Autre rassemblements en région

Le lundi 16 novembre à 17h30 devant la préfecture de la Savoie, place Caffe à Chambéry.

Le mardi 17 novembre à 17h30 devant la préfecture de Troyes.

Le mardi 17 novembre 17h30 devant la préfecture de Nantes.

Le mardi 17 novembre à 18h, place de Beaune à Chalon sur Saône (près du kiosque).

Le mardi 17 novembre à 18h devant le tribunal judiciaire de Nice.

Le mardi 17 novembre à 18h au monument aux combattants de la Haute-Garonne, allées Forain-François Verdier à Toulouse.

Le mardi 17 novembre à 18h sur le Parvis des droits de l’Homme à Bordeaux.

Le mardi 17 novembre à 18h devant la préfecture de la Sarthe au Mans.

Le mardi 17 novembre à 18h devant la préfecture à Lyon.

Le samedi 21 novembre à 10h sous l’arbre de la liberté à Périgueux.

Le samedi 21 novembre à 10h place Jeanne Hachette à Beauvais.

Le samedi 21 novembre à 10h30 sur le parvis des droits de l’Homme à Niort.

Le samedi 21 novembre à 11h devant la préfecture à Limoges.

Le samedi 21 novembre à 11h devant la sous-préfecture à Roanne.

Le samedi 21 novembre à 11h sur le parvis des droits de l’Homme à Lille.

Le samedi 21 novembre à 11h devant l’Hôtel de Police, 206 rue du Comté de Melgueil, à Montpellier.

Le samedi 21 novembre à 14h30 devant la sous-préfecture, à Béziers.

Le samedi 21 novembre à 14h30 devant le palais de justice à Rouen.

Le samedi 21 novembre à 14h30 sur l’esplanade de l’Hôtel de ville du Havre.

Le samedi 21 novembre à 14h30 sur le Paquier à Annecy.

Le samedi 21 novembre à 15h place de l’Hôtel de ville à Poitiers.

Le samedi 21 novembre à 15h place de l’Hôtel de ville à Saint-Quentin.

Le samedi 21 novembre à 15h place Aristide Briand à Lorient.

Le samedi 21 novembre à 15h place Jean Jaurès à Saint-Etienne.

 Le lundi 23 novembre à partir de 18h devant la sous-préfecture de Dunkerque.

 

Kit pour manifester pendant le confinement

Retrouvez tous les documents nécessaires pour aller manifester pendant le confinement, ainsi que plusieurs conseils pratiques.

Télécharger également la lettre ouverte aux députés

Premiers signataires : SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO – Fédération européenne des journalistes (FEJ) – Fédération internationale des journalistes (FIJ) – Ligue des droits de l’Homme (LDH) – la Scam – La GARRD – Collectif REC (Reporters en Colère) – SDJ de LeMédiaTV – Association de la presse judiciaire (APJ) – Acrimed – Ras la plume – Reflets.info – Collectif LaMeutePhotographie – Divergence-Images – les pigistes du Collectif Tu piges – We Report – Les Plumé.e.s – Youpress – Informer N’est Pas un Délit (INPD) – Association de journalistes scientifiques de la presse d’information – Prix Albert Londres – SIPMCS-CNT (Syndicat interprofessionnel de la presse, des médias, de la culture et du spectacle) – Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) – Prenons la Une – Société des réalisateurs de films – Association des cinéastes documentaristes – Reporters sans frontières –

 

Source: Pour la liberté d’informer et d’être informé ! Pour la liberté d’expression contre une loi liberticide !

loi dite néonicotinoïdes 21 novembre, 2020

La Ligue des droits de l’Homme a transmis une contribution extérieure au Conseil constitutionnel relative à la loi dite néonicotinoïdes. En effet, de plus en plus clairement, l’exercice des droits peut être compromis par la dégradation de l’environnement et l’exposition à des risques environnementaux, ce qui appelle une meilleure protection y compris constitutionnelle. La publication de ce texte répond à un souci de transparence et vise à contribuer au débat sur les décisions publiques en matière environnementale, à laquelle toute personne peut participer aux termes de la Charte de l’environnement constitutionnelle, article 7.

Télécharger la contribution extérieure de la LDH au Conseil constitutionnel

Source: loi dite néonicotinoïdes

Contre la loi « sécurité globale », défendons la liberté de manifester 21 novembre, 2020

Communiqué de l’Observatoire des libertés et du numérique (OLN), dont la LDH est membre, ainsi qu’une d’une centaine d’organisations

Nous nous opposons à la proposition de loi « sécurité globale ». Parmi les nombreuses propositions dangereuses de ce texte, trois articles risquent de limiter la liberté de manifester dans des proportions injustifiables, liberté déjà fortement restreinte sur le terrain et de nouveau remise en cause par le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre.

L’article 21 concerne les caméras portables qui, selon les rapporteurs du texte, devraient équiper « toutes les patrouilles de police et de gendarmerie […] dès juillet 2021 ». S’il est voté, le texte autorisera donc la transmission des flux vidéo au centre de commandement en temps réel. Cela permettra l’analyse automatisée des images, et notamment la reconnaissance faciale des manifestants et des passants, en lien avec les 8 millions de visages déjà enregistrés par la police dans ses divers fichiers.

Ces nouveaux pouvoirs ne sont justifiés par aucun argument sérieux en matière de protection de la population et ne s’inscrivent aucunement dans une doctrine de gestion pacifiée des foules. L’effet principal sera de faciliter de façon considérable des pratiques constatées depuis plusieurs années en manifestation, visant à harceler des opposants politiques notamment par des placements en « garde à vue préventive », par l’interdiction de rejoindre le cortège ou par des interpellations arbitraires non suivies de poursuites. Ces pratiques illicites seront d’autant plus facilement généralisées que l’identification des militants et des militantes sera automatisée.

L’article 22 autoriserait la surveillance par drones qui, selon le Conseil d’État, est actuellement interdite. Ici encore, la police n’a produit aucun argument démontrant qu’une telle surveillance protégerait la population. Au contraire, nous avons pu constater en manifestation que les drones sont avant tout utilisés pour diriger des stratégies violentes contraires à la liberté de manifester : nassage, gaz et grenades lacrymogènes notamment. Comme pour les caméras mobiles, la reconnaissance faciale permettra ici aussi d’identifier des militantes et militants politiques.

En clair, le déploiement massif des caméras mobiles et des drones, couplés aux caméras fixes déjà existantes, entraînerait une capacité de surveillance généralisée de l’espace public, ne laissant plus aucune place à l’anonymat essentiel au respect du droit à la vie privée et ne pouvant avoir qu’un effet coercitif sur la liberté d’expression et de manifestation.

L’article 24 vise à empêcher à la population et aux journalistes de diffuser des images du visage ou de tout autre élément d’identification de fonctionnaire de police ou militaire de gendarmerie.

Autrement dit, les images des violences commises par les forces de l’ordre ne pourront dès lors plus être diffusées. Le seul effet d’une telle disposition sera d’accroître le sentiment d’impunité des policiers violents et, ainsi, de multiplier les violences commises illégalement contre les manifestantes et manifestants.

Nous appelons les parlementaires à s’opposer à ces trois dispositions qui réduisent la liberté fondamentale de manifester dans le seul but de faire taire la population et de mieux la surveiller.

Paris, le 12 novembre 2020

Organisations membres de l’OLN signataires : Cecil, Creis-Terminal, Globenet, Ligue des droits de l’Homme (LDH), La Quadrature du Net (LQDN), Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la Magistrature.

Autres signataires :  ; Acat France ; Action Antifascite NP2C ; Action Droits des Musulmans ; Alternatiba Marseille ; Alternatiba Rhone ; Amis de la Terre 74 ; Antanak ; ANV-COP21 Marseille ; ANV-COP21 Aix ; Arrêt du Nucléaire ; Article 19 ; Association Dédale ; Assodev-Marsnet ; Attac Flandre ; ATTAC ; Bas Les Masques ; BDS 34 ; Bee-home ; BEN’ ARTs ; Canal-D ; CCPA – Collectif Climat Pays d’Aix ; CercLL (Cercle d’Entraide et Réseau Coopératif autour des Logiciels Libres) ; Cliss 21 ; CNNR ; CNT 31 ; CNT ; COLL•E•C – Collectif d’Échanges Citoyens du Pays d’Aix ; Collectif Contre Les Abus Policiers – C.L.A.P33 ; Collectif Jaunes Etc 33 ; Coordination des Intermittents et Précaires ; CTRL-A ; DONUT Infolab ; Europe Ecologie Les Verts (EELV) ; Europe Solidaire sans Frontières ; Extinction Rebellion Marseille ; Extinction Rebellion Nantes ; Extinction Rebellion Paris Centre ; Extinction Rebellion Rer-B SUD ; FAIbreizh ; FAImaison ; FDN ; Fédération Syndicale Unitaire ; FELINN ; FFDN ; Force Jaune ; Franciliens.net ; FSU 72 ; Gilets Jaunes du Pays d’Aix et de la Barque ; Gilets Jaunes Marseille-Centre ; Gisti ; Halte au contrôle numérique ; Handi-social ; Hoga ; Illyse ; Iloth ; Indie Hosters ; INP-net ; L’Auberge des migrants ; Le Collectif savoyard contre la Répression ; Les infiltrés ; Les Jeunes Ecologistes ; Les-Tilleuls ; Ligue des droits de l’Homme d’Aix ; Mailden ; Marseille Féministe ; Marseille révoltée ; Minga ; MODE 83 ; Moutons Numériques ; Mouvement Écologiste Indépendant » ; Mouvement Utopia ; Mrap ; Numericatous ; Open Atlas ; Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A ; Parti Pirate ; Plein le dos ; Ploss Auvergne Rhone Alpes ; PRIMCODE ; Rap Marseille ; ReAct ; RESINE média ; RevLibre ; Ritimo ; RSF ; Sherpa ; SNJ-CGT ; Solidaires Informatiques ; Sud CT 33  ; Syndicat national des journalistes ; Taramada ; Toile-Libre ; TV Bruits ; Union Communiste Libertaire – Tarbes ; Union des étudiants de Toulouse ; Union syndicale Solidaires ; VeganCorporation ; Vélorution Paris-Île-de-France ; Xenos jacobienne d’hymocrate ;


Source: Contre la loi « sécurité globale », défendons la liberté de manifester

Halte aux intimidations et aux amalgames ! 21 novembre, 2020

Communiqué commun, dont la LDH est signataire, en soutien à l’association L’Acort

Les locaux de l’association L’Acort (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie) ont été tagués le matin du 9 novembre 2020, avec l’inscription : « Islam = Mort ».

Nous, associations démocratiques de l’immigration et de solidarité internationale, dénonçons avec la plus grande fermeté un tel acte d’intimidation vis-à-vis d’une association qui n’a cessé, depuis sa création, de lutter contre toutes les formes de discriminations et de racisme.

Ces tags s’inscrivent dans une logique de susciter un climat de tension, de haine et de stigmatisation, créant l’amalgame entre une religion et des terroristes se réclamant d’elle. Ils sont l’expression de la connivence entre les pratiques de l’extrême droite française et l’intégrisme religieux qui se nourrissent mutuellement.

Contre ces amalgames, nous réaffirmons notre rejet de ces pratiques mortifères et appelons à plus de solidarité, de justice sociale et de respect des droits humains.

Paris, le 11 novembre 2020

Premiers signataires :

Associations : Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA), Association Arts et Cultures Engagés du Monde (ACEM), Actions Citoyennes Interculturelles (ASTU), Association Art et Culture des deux Rives (ACDR), Association CIBELE, Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), Association de Défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFPDS), Association Femmes Plurielles (AFP), Association Groupe Accueil et Solidarité (GAS), Association des Marocains en France (AMF), Association Pateras de La vida au Maroc, Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association de Solidarité Franco Anatolien (ASFA), Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC), Centre d’Etudes et d’Incitatives de Solidarité Internationale CEDETIM, Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), CIMADE, Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF), Collectif 3 C, Collectif « Changer de Cap », Conseil Démocratique Kurde de France (CDK F), Coalitions Internationale des Sans Papiers et Migrants (CISPM), Collectif Régional pour la Coopération Nord-Sud -IDF (CORENS), Collectif du 10 Novembre contre l’Islamophobie, Collectif pour l’Avenir des foyers (Copaf), Comité Pour le Respect des Liberté et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie Belgique (CVDT), Droit Au Logement (DAL), Droits Devant / Droits Ici et Là-Bas (DIEL), Espace Universel, Europe Solidaire Sans Frontières (ESSF), Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (FASTI), Fédération des Associations des Travailleurs et des Jeunes (DIDF issus de l’immigration turque et kurde), Fédération Internationale pour les Droits de l’Homme (FIDH), Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives (FTCR), Fondation Copernic, France Kurdistan, Front Uni Des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP), Global Social Justice (GSJ), Groupe d’Information et de Soutien aux Travailleurs Immigrés (GISTI), Groupe de Réflexion et Action Féministes (GRAF), Immigration Développement Démocratie (IDD), La voix des jeunes Evry, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Manifeste des Libertés, Migreurop, Mouvement Citoyen des Tunisiens en France (MCTF), Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre le Peuple (MRAP), Mouvement de la Paix, People’s Health Movement France/ Mouvement Populaire pour la santé, Réseau Euromed France (REF), Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC), Réseau d’Information et de Documentation pour la Solidarité et le Développement Durable (RITIMO), Solidarité Laïque (SL), Solidarité avec les Universitaires pour la Paix et Défense des Droits Humains en Turquie (SUP-DDH), Union Culturelle Française des Arméniens de France (UCFAF), Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne (UTAC)

Syndicats : Confédération Général du Travail (CGT), Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne (FILD), Mouvement National Lycéen (MNL), Syndicat National des Journalistes CGT (SNJ-CGT), Union Départemental CGT de Paris (UD CGT de Paris), Union Syndicale Unitaire (Solidaires), Union Nationale Lycéenne (UNL),

Partis : Ensemble (Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire), Europe Ecologie Les Verts (EELV), La France Insoumise (FI), Fédération de Paris du Parti Socialiste, La Gauche Démocratique et Sociale (GDS), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Pour une Ecologie Populaire et Sociale (PEPS), Union Communiste Libertaire (UCL), Partis et

Associations du 10eme : (Le Local de l’ACORT Paris 10ème), Centre d’Animation de Paris 10ème (CRL 10), Centre social Paris des faubourgs du 10ème, Français Langue d’Accueil (FLA), Ligue des droits de l’Homme- section 10/11, Ensemble ! 10e, Europe Ecologie Les Verts (EELV Paris 10e ), France Insoumise 10e, Génération.s 10e, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA 10e ), Part Communiste Français (PCF 10e), Parti de Gauche (PG 10e ), Parti Socialiste du 10e (PS 10e)


Source: Halte aux intimidations et aux amalgames !

10 novembre 2020 – Tribune collective “La mobilisation pour le climat doit mettre au centre la question des inégalités” 21 novembre, 2020

Lire la tribune collective, à l’initiative du Festival des solidarités et signée par la LDH, dans Mediapart

L’élection de Joe Biden annonce le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris. Mais en Amérique comme ailleurs, tenter de faire face au défi climatique sans s’attaquer en même temps aux inégalités est contre-productif. La crise sanitaire actuelle en apporte une nouvelle fois la démonstration. Nous, acteurs et actrices du Festival des solidarités, porterons cette année ce message.

Le filtrage opéré par le gouvernement français aux propositions de la Convention citoyenne pour le climat indique clairement un parti-pris : faire peser la responsabilité de l’action sur les citoyen·ne·s, sans toucher aux intérêts des milieux d’affaires. A la tête du parti démocrate américain et partout ailleurs dans le monde, on retrouve cette écologie de façade, un libéralisme teinté de vert, qui sert les intérêts des puissants sans se préoccuper d’améliorer le sort des plus pauvres.

Ainsi, des peuples autochtones d’Amazonie sont privés de leurs moyens de subsistance au nom de la préservation de l’environnement. Au nom du « développement », des firmes multinationales exproprient des producteurs et productrices paysan-ne-s au Mali, détruisent des forêts entières et imposent une agriculture polluante qui dérègle le climat local, et contribue à faire grossir les bidonvilles et la colère. En France, un projet injuste de taxe carbone excluant le transport aérien a provoqué une révolte des classes populaires, pendant que les grandes banques continuent d’investir dans des projets pétroliers et gaziers.

La crise de la Covid-19 a-t-elle remis au goût du jour la relocalisation de l’économie ? A-t-elle révélé les inégalités sociales, territoriales, scolaires, de genre, et mis en lumière les « premiers-ères de corvée » ? Las, les plans d’urgence privilégient les grandes industries et ne laissent que des miettes aux plus précaires.

Depuis le début des années 2000, le mouvement pour la justice climatique est porté fortement par les pays « du Sud » et par les populations discriminées des pays du Nord. De fait, les groupes les plus défavorisés sont à la fois les plus impactés par la crise climatique, et les moins responsables de ces dérèglements. Leurs voix ne sont pas suffisamment entendues, et leurs propositions pas assez écoutées. Changer cet état de fait suppose de mettre enfin au centre la question des inégalités de pouvoir, dans la société comme dans les mobilisations pour le climat.

La parole aux premier-e-s concerné-e-s

Les populations discriminées sont bien souvent les mieux placées pour dire si les mesures décidées pour faire face aux changements climatiques sont adaptées à leurs réalités et ne viennent pas aggraver la précarité dont elles sont victimes. Dans bien des pays, les systèmes traditionnels de gestion des “communs” sont d’ailleurs bien plus pertinents pour protéger les écosystèmes et permettre à chacun·e de vivre de son travail que le régime de propriété privée imposé par la colonisation. Les femmes, qui jouent un rôle fondamental dans le respect des écosystèmes agricoles, sont des actrices de changement très importantes pour peu qu’on les laisse prendre part aux décisions, comme le montre le travail de l’alliance panafricaine WoMin.

Les groupes les plus impactés par les catastrophes environnementales ont plus que quiconque la légitimité de revendiquer le respect de leur droit à la dignité, et tout simplement le droit à la vie. Il convient de soutenir résolument leurs procédures judiciaires intentées contre les multinationales polluantes et les États négligents.

Pour que les catégories sociales discriminées occupent la place qui leur revient dans les mobilisations, il est nécessaire de faire l’effort de comprendre et de soutenir l’ensemble des luttes qui entendent changer le monde, et de créer une véritable solidarité entre les mouvements écologistes, féministes, anti-racistes, et anti-précarité.

Seule cette approche globale de solidarité entre les luttes, qui prend en compte l’ensemble des facteurs de domination perpétuant les déséquilibres mondiaux, peut permettre à chacune de ces luttes d’être victorieuse. À l’exemple du front canadien pour une relance juste et verte, c’est d’un vaste mouvement du changement social, composé de toutes les luttes progressistes, dont nous avons besoin.

Depuis 23 ans, le Festival des solidarités (Festisol) rend visible chaque année en novembre les acteurs et actrices du changement social en France et dans le monde. Depuis 2015, ce festival se développe également en Afrique francophone. Cette année encore, malgré la crise sanitaire, ce Festisol sera l’occasion de construire avec les citoyen·ne·s de chaque territoire les alternatives pour un monde où la justice et la solidarité ne soient pas des mots creux mais des réalités.

Vous pouvez signer cette tribune (à titre individuel ou au nom de votre organisation) en suivant ce lien : https://framaforms.org/signature-de-la-tribune-le-mouvement-climat-doit-mettre-au-centre-la-question-des-inegalites

Premiers signataires : 350.org, ActionAid France, ATD Quart monde, Attac France, Attac–Togo, Attac-CADTM Burkina, CCFD-Terre solidaire, Coordination Sud, Crid, Enercoop, Engagé·e·s & Déterminé·e·s, Fédération Artisans du monde, Fédération française des clubs pour l’UNESCO, Fondation Danielle Mitterrand, FORIM, France Amérique Latine (FAL), Ingénieurs sans frontières, La Nef, La Ligue de l’enseignement, La Ligue des droits de l’Homme (LDH), Max Havelaar France, Notre affaire à tous, REFEDD (Réseau français étudiant pour le développement durable), Solidarité laïque, Union syndicale Solidaires, Unis pour le climat

Source: 10 novembre 2020 – Tribune collective “La mobilisation pour le climat doit mettre au centre la question des inégalités”

Pour une recherche libre 10 novembre, 2020

Communiqué commun

Les organisations signataires expriment leurs fortes inquiétudes face à l’adoption par le Sénat d’un amendement dont la formulation constitue une menace pour les libertés académiques. Celui-ci, déposé par Laure Darcos (LR), avec l’approbation de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, affirme : « les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République. »

Sous couvert de réaffirmer les libertés académiques (liberté de recherche, d’enseignement et d’expression), ce texte les subordonne au respect de valeurs qui sont certes fondamentales mais n’ont pas de portée normative. Il oublie que ces libertés sont déjà soumises au respect de la loi et peuvent, à ce titre, faire l’objet de sanctions par les instances disciplinaires et par la justice.

Le caractère non normatif de cette formulation superfétatoire ouvre la porte à toutes les interprétations et à des censures sur des bases uniquement politiques. Elle représente un grave danger pour les libertés universitaires qu’elle prétend confirmer.

A ce titre, elle est en contradiction avec les recommandations concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur adoptées par l’Unesco le 11 novembre 1997 – en particulier les chapitre VI et VII – et avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Nos organisations comprennent l’émotion de la communauté universitaire et demandent l’abandon de cet amendement à l’occasion de la commission paritaire qui doit se tenir le 9 novembre 2020.

Paris, le 9 novembre 2020.

Signataires :

Ligue des droits de l’Homme (LDH), FSU, Snesup-FSU, SNCS-FSU, Snasub-FSU, Snep-FSU, Snetap-FSU

CGT, Ferc-Sup CGT, SNTRS-CGT, CGT-Inra

CFDT, Sgen-CFDT, Sgen-CFDT Recherche 

FO ESR

Unsa Sup-Recherche, Unsa ITRF-BI-O, Unsa A&I, Unsa Education, SNPTES

Union syndicale Solidaires, Solidaires Etudiant-e-s, Sud Education, Sud Recherche

Fage, Unef, Fédération nationale des étudiants chercheurs (Fenec), L’Alternative, Confédération des jeunes chercheurs (CJC)

Ligue de l’Enseignement

Source: Pour une recherche libre

9 novembre 2020 – Tribune collective “Cachez ces violences policières que je ne saurais voir” publiée dans Libération 10 novembre, 2020

Tribune collective signée par la LDH concernant la proposition de loi “Sécurité globale”

Lire la tribune dans Libération

« J’avais fait une promesse, qui était celle de ne plus pouvoir diffuser les images des policiers et des gendarmes sur les réseaux sociaux. Cette promesse sera tenue puisque la loi prévoira l’interdiction de la diffusion de ces images », résume Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, lorsque Jean-Jacques Bourdin l’interroge sur la proposition de loi (PPL) «Sécurité Globale».

Ce texte, les député-e-s LREM sont pressé-e-s de le faire passer, sans doute craignent-ils une levée de boucliers légitime pour défendre la démocratie. Sinon comment pourrait-on expliquer que cette loi fasse l’objet d’une procédure accélérée ? Quelle urgence, en plein confinement, justifie cette attaque liberticide ?

Déjà, en février dernier, Mediapart révélait que Christophe Castaner, à l’époque encore ministre de l’Intérieur, envisageait de « contrôler la diffusion de vidéos montrant les violences policières », reprenant ainsi les revendications des syndicats de police les plus liberticides. L’information avait déjà fait à l’époque bondir les défenseur-se-s des libertés publiques. Le ministre de l’Intérieur avait alors nié étudier une telle loi, affirmation pourtant démentie quelques heures après par ses propres services.

Quelques semaines après, en mai, c’était au tour des député-e-s LR, Eric Ciotti en tête, de ressortir cette idée du placard. Sans succès.

Cette fois-ci, le texte pourrait bien être adopté. Derrière cette nouvelle attaque contre les libertés fondamentales, les député-e-s LREM, dont Christophe Castaner et Jean-Michel Fauvergue, deux ténors de la majorité présidentielle. Le gouvernement est clair, la proposition liberticide.

L’article 24 prévoit en effet « un an d’emprisonnement et une amende de 45 000 € » pour sanctionner la « diffusion du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de police dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

Nous, journalistes en devenir, professionnel-le-s de l’information, syndicats de journalistes représentatifs de la profession, associations de défense des droits humains, avocat-e-s et usagers des médias, tenons à alerter l’opinion publique sur de telles menaces. Il en va de la liberté de la presse et, plus largement, du droit d’informer et d’être informé-e.

En effet, un flou persiste sur cette notion d’« intention » de « nuire à l’intégrité physique et psychique ». Cette partie de la loi vise sans doute à tenter de rassurer, mais nous sommes nombreux à ne pas être dupes.

Toutes les personnes qui ont déjà filmé les forces de l’ordre le savent : ces dernières s’opposent régulièrement, souvent violemment, à la captation de leur image. Agressions, intimidations, garde à vue, destruction du matériel : les exemples ne manquent pas, les victimes nombreuses.

Pourtant, à ce jour, aucune loi particulière ne donne raison à de tels agissements : les forces de police et de gendarmerie n’ont pas de droit à l’image particulier lors des manifestations. Mais ne soyons pas naïfs, cette nouvelle disposition ne pourra que rendre l’opposition de la police encore plus systématique, plus violente, peu importe le sens souhaité par le législateur.

Les dérives possibles avec un tel arsenal juridique sont inquiétantes. On connaît la puissance d’instrumentalisation et de lobbying des syndicats de police. Si cette loi passe, qui peut affirmer que ces derniers n’exigeront pas des réseaux sociaux la censure de toutes les images d’abus policiers ? Un tel scénario est d’autant plus à craindre que la loi française rend ces plateformes responsables des images «manifestement illicites» qu’elles ne censureraient pas après signalement.

Nous le savons tous : Facebook, Youtube et Twitter n’iront pas jusqu’au procès, ils préféreront supprimer toute image désignée comme potentiellement sensible. Vidéos de violences policières comprises, bien évidemment.

Or, sans ces vidéos, la réalité des abus policiers resterait trop souvent invisibilisée, niée dans son existence même. Trop souvent, elle l’a été dans les quartiers populaires d’abord, puis dans les cortèges ou dans les différents lieux d’expression politique.

Ce sont nous, journalistes de terrain, associations de défense des droits et observateur-rice-s régulier-e-s de la police, qui les documentons et participons à les visibiliser, via nos enregistrements, diffusés sur les réseaux sociaux et les médias traditionnels.

Les violences policières existent, nos images les attestent, les rendent réelles aux yeux de l’opinion. Ce alors même que les autorités françaises nient leur existence et persistent, une nouvelle fois, à vouloir invisibiliser.

C’est ce contre-pouvoir, nécessaire en démocratie, que le gouvernement et sa majorité parlementaire souhaitent enlever aux citoyen-ne-s, aux journalistes encore soucieux de dénoncer ce qui ne va pas dans nos sociétés. La police doit agir sous la surveillance des citoyen-ne-s. Même devant les smartphones ou les caméras, si le public le juge nécessaire pour notre démocratie.

Sans ces outils, sans celles et ceux qui les braquent, combien de violences policières auraient été passées sous silence ?

Bien souvent, ces vidéos, qu’elles soient le fait de journalistes, de citoyen·ne·s ou directement des victimes des abus policiers, peuvent aussi constituer des éléments de preuve pour la justice, comme pour la mort de Cédric Chouviat ou d’Aboubakar Fofana.

Avec cette loi, et sans ces vidéos, qui aurait entendu parler de Geneviève Legay, militante pacifiste de 73 ans, gravement blessée à la tête dans une charge policière d’une violence inouïe ? Qui aurait entendu parler d’Alexandre Benalla si notre confrère Taha Bouhafs n’avait pas diffusé son visage sur les réseaux sociaux ?

Aujourd’hui, la priorité du gouvernement n’est pas de résoudre le problème du lien entre la police et le citoyen, mais de s’attaquer à la diffusion du message, en condamnant journaliste, manifestant-e ou habitant·e des quartiers populaires. Leur politique ? « Cachez ces violences policières que je ne saurais voir.»

Ne nous leurrons pas, ce projet de loi s’inscrit dans un contexte préélectoral où la majorité présidentielle court après les quelques voix sensibles aux arguments sécuritaires. En accédant aux demandes de certains syndicats de police, le pouvoir souhaite rendre toujours plus difficile l’accès à une information indépendante donc dérangeante, sur le travail de la police.

Mais devons-nous rappeler que la force publique, au service de tous, doit être observable en tout temps, par toutes et tous ?

Dans un Etat démocratique respectueux du droit international et de la liberté d’informer, ce serait inutile.

Inutile de rappeler au pouvoir la nécessité de maintenir coûte que coûte ce droit, comme le répètent l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de réunion et d’association ou encore la Fédération européenne des journalistes (FEJ) et le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (ECPMF), dans le code la liberté de la presse pour la police.

Alors que les manifestations et leurs observateur-trice-s sont de plus en plus réprimé·e·s, nous nous inquiétons de voir le gouvernement céder à ce point aux sirènes liberticides lorsque celui-ci aurait dû se tenir au chevet des 2 000 manifestant-e-s blessé-e-s en 2019. Notons également que plus de 200 journalistes ont été empêché-e-s de travailler, blessé-e-s ou mis en garde à vue, depuis novembre 2018, lors d’opérations de maintien de l’ordre en France.

Filmer les agissements et les comportements des agents des forces de l’ordre, dans leur action, doit rester un droit ! Il en va de la liberté de la presse, de la liberté de manifester, de notre démocratie.

Paris, le 9 novembre 2020

Premiers signataires :

Syndicat national des journalistes (SNJ) ; SNJ-CGT, Syndicat national des journalistes de la CGT ; Acrimed, action critique des médias ; la Ligue des droits de l’homme (LDH) ; Attac ; Collectif Reporters en colère (REC) ; la SDJ de LeMedia TV ; la rédaction de Rue89 Lyon, Polka Magazine et son directeur Alain Genestar ; Bastamag ; Mathilde Larrere, historienne ; Laurence De Cock, historienne et enseignante ; Sebastian Roché, directeur de recherche CNRS ; Alexis Levrier, MCF, historien de la presse ; Wilfrid Esteve, photographe et directeur de l’agence Hans Lucas ; Mathieu Molard, rédacteur de StreetPress.com ; Michel Soudais, rédacteur en chef adjoint de Politis ; Taha Bouhafs, journaliste à Là-bas si j’y suis ; Valentin Gendrot, journaliste, auteur de Flic ; Maxime Reynié, journaliste, créateur de maintiendelordre.fr ; Louis Witter, photojournaliste… 

Mais également des collectifs de défense de la liberté de la presse, des avocats, des sociologues et divers observateur·trice·s de la police ou des médias, ainsi que plus de 200 professionnel·le·s de l’information et 150 étudiant-e-s en journalisme.

Retrouvez la liste complète des signataires ici


Source: 9 novembre 2020 – Tribune collective “Cachez ces violences policières que je ne saurais voir” publiée dans Libération